Presse

[…] Nichée au cœur de la psyché contemporaine, IVRESSE(s) reflète la bataille que livre l’homme post-moderne aux images, et aux ombres qui l’entourent, redonnant un coup de jeune à la célèbre citation de Huis clos « L’enfer c’est les autres ».
La mise en scène joue sur le mouvement général et permanent des personnages absorbés par les flux qui les redistribuent dans l’espace via des Smartphones.
Tout n’est pas noir chez Richter ; on rit, et on espère dans l’effroi, trouver les moyens de résistance, d’ébranlement du système. […]

JMDH - L’Hérault du jour - 10/03/16

[…] Fall à partir de trois écrits de Richter, Ivresse, Protect me et Play loud, s’empare et nous livre en de multiples approches les thèmes majeurs de Falk Richter. La crise du système, système qui nous dévore et ceci depuis longtemps, et toutes ses conséquences, solitude, absence de communication vraie, aberration, brutalité et violence du capitalisme ultralibéral. « Système qui jouit de la crise (et) vit en chacun de nous dans tous les instants de nos vies, comme un alien que nous porterions en nous et qui nous dévorerait de l’intérieur ». […]
[…] Jean-Claude Fall fait bouillonner et palpiter ces textes, il leur donne une couleur forte, à la fois drôle, cruelle, marquée d’autodérision, de colère et de rage. Un « sacré bordel » où par instant, comme dans la séquence finale du « campement », pointent des échos du précurseur « an 01 », de Gébè (1973).
« Le spectacle sera libre de toute contrainte et de toute règle. Pas de fiction autre que bribes. Pas de continuité narrative ou discursive. Pas de continuité stylistique autre qu’une exigence extrême d’engagement physique. Un humour de tous les instants. Quelque chose de joyeux et d’iconoclaste. » (Jean-Claude Fall)
Liberté d’expression, fidélité à ses idées, volonté de privilégier le travail d’un collectif…Fall tel qu’en lui même ! […]

Jean-Claude Rivière - IDHERAULT - 10/03/16

[…] En effet, IVRESSE(s) ne se détermine pas comme prônant l’excellence d’un parti pris technique précis. La pièce est au contraire, par appellation, un état hors norme ; elle se doit donc d’être manipulée avec soin pour en extraire tous les possibles libertés qui nous serviront à la recevoir.
Là, où s’entremêlent histoire de genre et de nombre, d’argent et d’engouement empirique qu’envient les hommes vis-à-vis de leurs places en société, se creuse un espace dans lequel va pouvoir s’immiscer le spectateur, se tordant alors légèrement le crâne et l’esprit pour comprendre tout le texte. Nous faisons face à des mots et une mise en scène qui, par alternance, échangent des regards et une critique sur notre société : c’est un va et vient juste que nous recevons, comme de délicieux plats servis sous notre nez. IVRESSE(s) n’opte pas pour la morale de groupe, mais plutôt pour un plaisir plastique et une recherche dans l’agencement des énergies vivantes : on nous propose une rencontre entre réflexion des affects perçus et reçus, et des différents matériaux mis à disposition. C’est sûrement ce procédé qui n’engendre aucune réflexion manichéenne suite aux propos qui sont prononcés : le texte est un véritable pain dur, la mise en scène et l’esprit aqueux qui permet d’avaler celui-ci. Voilà qui est créateur de poésie, sans pour autant faire de cette sensibilité créatrice une ligne de conduite imposée tant pour le récepteur que pour l’expéditeur. C’est une touche de sarcasme qui vient teinter nos lèvres d’un sourire incontrôlé, puis ce retour ensuite à la consommation de masse. Le virtuel apparaît comme une prise de drogue, ce temps de connexion à un espace où toute notre vie est démesurément plus grande et hostile, cet état physique corrompu par notre manque d’investissement dans notre corps ; bras tendus et tête cadrée, nous sommes projetés par la lumière et dessinés par le pixel. […]
[…] Ce n’est pas un compromis mais une réalité, qui n’est pas directement la notre dès lors qu’elle se joue. IVRESSE(s) s’entrelace dans le va et vient constant qui nous définit depuis peu, qui auparavant se définissait par nos actes et notre consentement et qui aujourd’hui commence à anéantir voir anéantit déjà notre volonté de vivre. Oui ; IVRESSE(s) est vivant. Oui, IVRESSE(s) marque l’esprit car il se vit bien plus qu’il se discute. […]

Auxsens - Caféine théâtrale/WordPress - 22/03/16